jeudi 4 août 2011

Désastre n°5 : Yoko et le temps (de merde) écossais


Forcément, quand on pense à l'Ecosse, les mots qui viennent à l'esprit sont (dans l'ordre): "kilt", "cornemuse", "roux". Et après, c'est "pluie".

Un mois avant de partir, quand je réfléchissais à quoi mettre dans ma valise (on dirait pas comme ça mais en fait, je suis un peu superficielle comme fille. Un peu), les 3/4 des vêtements étaient soit en laine, soit imperméable, soit les deux. Quand je voyais les soldes sur les petits hauts en dentelle et les spartiates que "comme ça je serai belle sans transpirer cet été", j'avais envie de pleurer. Où sont passées les doudounes, je pars dans le Grand Nord moi, Monsieur !

Puis le 1er jour où j'ai posé un pied à Glasgow, j'ai eu chaud (et non, ce n'était pas du au fait que je portais une veste en laine et que je tirais une valise de 20kg). Et ça a continué comme ça pendant au moins 4 jours. Je me suis alors dit qu'on ne lui rendait vraiment pas justice à cette bonne vieille Ecosse. Venez chez nous, il fait beau et chaud !

Mais (il y a toujours un "mais" dans mes histoires sinon c'est pas marrant) la pluie et les gros nuages noirs ont décidés de revenir comme ça, sans prévenir. Et j'ai finalement testé la douche écossaise...

La douche écossaise, tu la sens venir. Tu vois le ciel s'obscurcir. L'air devient lourd. Les première gouttes toutes fines tombent, si fines qu'on n'y croirait presque pas. Et puis c'est "la pluie étalant ses immenses traînées, D'une vaste prison imite les barreaux..." (toi aussi t'as le Spleen maintenant ?). La pluie en Ecosse, mon ami, elle ne fait pas semblant de tomber. On se croirait au temps des moussons. C'est la déferlante. Et bien sûr, comme t'étais pas préparé à ça, tes seules chaussures c'est des tennis en toile (blanc).

Quand le soleil revient par contre, il ne fait pas semblant lui non plus. Il fait chaud à en crever, les gens se foutent à poil et moi, j'attrape un coup de soleil sur les cuisses.

Tout ça pour dire que je n'immigrerai sans doute jamais ici. Pour le bien de ma frange qui boucle à la moindre trace d'humidité.

lundi 1 août 2011

Désastre n°4 : Yoko travaille


Non, je ne vous ai pas oublié. Non, je ne me suis pas enfuie dans les Highlands. Non, je ne me suis pas non plus marié avec un homme en kilt qui joue de la cornemuse toute la journée. C'est juste que, comme le dit le titre, je travaille. Il fallait bien que ça arrive.

Bon, OK, 20h/semaine à la réception d'une auberge de jeunesse, c'est pas ce qu'il y a de plus harassant. Ça, c'est ce que je disais avant de commencer. Maintenant, j'ai envie de vous demander quand c'est les vacances, hein ?!

Mes horaires sont sympas. 20h-minuit. J'ai le temps de faire ce que je veux de mes journées, je peux me lever à midi, et puis d'abord, plus personne n'arrive à l'auberge à ces heures-ci, je suis tranquille, la vie est belle, lalala ! Ça aussi, c'est ce que je disais avant de commencer. En fait, la vérité vraie, crue et nue, c'est qu'à ces heures-là, je me tape les gens pas normaux.

Vous me direz, la normalité est relative, hein. Mais là, je me tape des boulets que même si tu t'appelles Mère Théresa, tu perds ta sagesse infinie. Le premier, je m'en rappelle comme si c'était hier : il s'était trompé de jour... Puis, ça ne suffisait pas (penses-tu !). Alors il y a un groupe de français qui est arrivé... Ils n'avaient pas annulé une de leur réservation pour une chambre donc ils ne voulaient pas payer. Et j'ai eu droit à des "C'est pas normal !", "Dans les conditions générales d'Hostel Bookers y'a marqué qu'on doit payer que la première nuit !", "Si ça continue comme ça, je vais appeller un de mes amis qui fait des études de droit du commerce !". J'ai peur, mec. Puis sur ces entrefaites, une espagnole est arrivée, m'embrouillant l'esprit à me demander si elle avait déjà payé le key deposit, où elle pouvait garer sa voiture, "et est-ce qu'il y a une piscine à Glasgow ?"... Il n'y a pas 2h, j'ai eu droit à une chinoise courroucée et hystérique parce qu'il y avait un trou dans le sol et que sa fille s'est tordue la cheville dedans, faisant un scandale parce que l'autre chambre que je lui proposais était trop petite et qu'en se levant le matin, elle verrait un mur en face d'elle. Je te jure.

Quand les gens sont pas hyper bizarres, ils posent juste des questions où j'ai envie de leur répondre "Mon pote, c'est pas parce que je bosse à Glasgow que mon cerveau c'est Google maps. Un restaurant thai, je ne sais pas où il y en a. Tu veux pas plutôt bouffer japonais, y'en a un au coin de la rue ?".